Interview de Bertrand Serp

Bertrand Serp, président de l'open Data France

Bertrand SERP, vice-président en charge des activités de l'économie numérique à la métropole de Toulouse, également président de l'open Data France, nous parle de l'écosystème numérique à Toulouse.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

B.S : Après avoir fait l'école TBS, j'ai très vite travaillé dans le privé, dans une boîte de communication. Ensuite, j'ai monté ma propre boîte de communication publique et j'ai maintenant des fonctions électives depuis 2014.

Quels sont les caractéristiques de l'économie numérique à Toulouse ?

B.S : de tradition, Toulouse est une ville étudiante, de recherche et d'innovation. Le numérique est déjà dans l'ADN toulousain ne serait-ce que, par exemple, avec l'open data. Avec cette volonté de s'inscrire dans une logique de logiciel libre adossée à des startups qui existent sur le territoire et qui sont souvent des filiales d'Airbus à l'origine.
En 2014 il y a eu la labellisation French Tech (F.T). On était l'une des premières métropoles en France labellisée F.T.
Ensuite, nous avons travaillé sur un schéma de direction de la Smart City*(1). On a voulu faire notre propre schéma co-constructif, collaboratif, de façon à ne pas prendre des schémas imposés par les grands Trust. Ce schéma regroupe à la fois les entrepreneurs, les startups et les citoyens, de façon à ce qu'on analyse bien le besoin des citoyens, qui reste le plus important en matière de numérique et en matière de ville de demain.

Qu'est-ce qui différencie Toulouse des autres grandes villes françaises en matière d'économie numérique ?

B.S : Tout d'abord nous avons un écosystème numérique qui est assez puissant (...). Tout ça car on a une politique numérique au niveau de la métropole qui est très incitative, on a collectionné les prix internationaux, en matière de mobilité par exemple. On a ce puissant schéma, la Smart City. On a beaucoup d'évènements locaux, mais aussi internationaux, dont Emtech*(2) qui est un évènement international.
Et je crois que cela tient aussi beaucoup des personnalités. Il y a des personnalités fortes dans le numérique à Toulouse, comme Ludovic le Moan de Sigfox, qui est une success story à la toulousaine. Notre originalité c'est ça, c'est d'avoir su travailler avec notre écosystème et nous, les pouvoirs publics, on est là pour impulser cette politique de façon à ce qu'il y ait un maximum de réussite.

Comment mettez-vous en avant vos projets ?

B.S : Justement en ce qui concerne la smart city, on fait un forum chaque année. La précédente a eu lieu le 7décembre 2016. On réunit tout l'écosystème numérique toulousain et on fait venir des speakers.
On a souhaité une smart city qui soit évolutive, disruptive et agile.

Notre schéma directeur peut facilement évoluer grâce aux expérimentations que peuvent donner les citoyens ou les personnes qui seront là. Dans le fond, smart city ça permet aussi de pouvoir communiquer sur nos projets.

Quels sont vos axes de développement pour le futur ?

B.S : Le futur c'est travailler sur ces 15 projets issus de la smart city. Pour les citer, il y a des plateformes data, des véhicules autonomes...
Il y a des choses qui sont très précises. La métropole a voté 500 millions d'investissement. Après, il y a une part de financement dite privée qui est estimée à 250 millions dans les partenariats. Ce sont à la fois des partenariats publics comme la caisse des dépôts, (etc.) ou alors des partenariats privés qui ont pour but de développer des solutions sur le territoire. On a un outil qui s'appelle "Laboratoire des usages" que l'on a mis en place au Quai des savoirs. Il regroupe à la fois les entrepreneurs, les grands groupes, les startups et la métropole, de façon à travailler sur des futurs projets en démonstration.

Quelles vont être les évolutions de l'économie numérique de demain ?

B.S : Ça c'est une bonne question, on ne sait pas trop quels sont aujourd'hui les grands thèmes à la mode. C'est comment essayer de réguler tous ces acteurs de l'ubérisation de la société. Comment faire en sorte que ces acteurs puissent continuer à développer des usages et du business tout en ayant, avec l'ouverture des données, une certaine régulation
L'Europe travaille aussi sur des réflexions législatives sur la régulation et la refonte de ces données, car c'est l'analyse prédictive de ces données qui fera l'avenir du numérique. C'est ce système qui permettrait finalement d'avoir un accès sécurisé à un certain nombre de données, sans passer par des intermédiaires. Je pense qu'aujourd'hui les métropoles qui réussiront leur transition numérique sont celles qui sauront anticiper et être suffisamment prédictives et agiles dans la transformation de leur ville.

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