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Partout en Europe, mais surtout en France, les internautes délaissent la télévision au profit d’internet, signe d’une transformation radicale du système informationnel. Le web stimule et enrichit la culture des internautes. Xavier Greffe et Nathalie Sonnac disent dans leur ouvrage (Culture web aux Editions Dalloz) qu’ « Internet est une œuvre ouverte au sein de laquelle chaque internaute, dans l’enchevêtrement des options possibles, bâtit un parcours singulier en fonction de ses centres d’intêret et de sa curiosité ».
A l’heure de la gratuité et du web 2.0, Internet fait évoluer les modes de production et de circulation des contenus. Un nouveau système d’information apparaît : le récepteur devient l’émetteur. Des communautés d’utilisateurs émergent, ils partagent et mutualisent leurs connaissances, leurs savoirs-faire. Internet permet d’ajouter aux liens imitant ceux du marché (comme le paiement en ligne) des interactions qui génèrent des lieux d’intelligence collective.
Dans cette tourmente du monde culturel, les internautes, artistes ou amateurs, voient dans le web une solution pour partager leurs passions et leurs œuvres. Et parfois même pour devenir célèbre ! Comment définir les limites de la propriété intellectuelle et du droit à l’information ?
L’année 2009 a consacré le succès du web communautaire, dit « web 2.0 ». Les réseaux sociaux ont explosé alors que les communautés en ligne du type MySpace ou autres plateformes de blogs n’ont cessé de se développer. La création de nouvelles fonctionnalités ludiques et pratiques permettent d’attirer et de conserver les internautes. Une logique de partage, d’échange et de réseau sous-tend ces initiatives. Internet devient le média privilégié : il regorge d’informations et permet une interaction entre les internautes qui peuvent poster leurs commentaires et parfois même proposer des pistes d’amélioration. Exemple : l’encyclopédie en ligne Wikipédia a pour objectif d’offrir un contenu librement réutilisable, neutre et vérifiable que chacun peut éditer et améliorer. Les différents médias effectuent une migration sur le web afin de gagner en visibilité et en fonctionnalités. Internet permet de démocratiser la culture ou du moins de développer la curiosité des internautes. Cela va dans le sens de ce que Schneider a proposé avec sa notion de tout culturel : « Ne pouvant faire que ce qui est populaire devienne culturel, on décrétera que tout ce qui est culturel devienne populaire ». La culture au sens large du terme est à la portée de tous via le web. La musique et le cinéma sont bien présents avec le développement de plateformes collaboratives. Les artistes sont présentés et leurs chansons disponibles gratuitement. Un nouveau concept en vogue se développe. Exemple pour la musique : MyMajorCompany propose aux internautes de produire un artiste et de recevoir un pourcentage sur les ventes d’albums. Idem pour le cinéma : PeopleforCinema invite les internautes à financer des films pour toucher un pourcentage sur le nombre de films distribués. Comment envisager le financement de ses sites? La publicité est-elle la seule solution de survie ?
Le concept de nouvelle culture web touche également l’Art : on parle de Cyberart. Des échanges enrichissants se développent par le biais de blogs ou de sites vitrines. Les artistes, amateurs ou professionnels, exposent leurs œuvres et lancent des thèmes de réflexion. Le site webculte a été créé suite à la rencontre d’un photographe et d’une graphiste-webmaster dans le but de partager leur curiosité et leurs regards communs sur les images. Par le biais d’interviews, ils tentent de comprendre ce qui est en jeu dans les arts-plastiques contemporains. Ce site se veut communautaire puisqu’il propose aux lecteurs de devenir rédacteurs. Autre exemple : le site culture-virtuelle est une galerie virtuelle qui a pour but de diffuser la création contemporaine. Les artistes questionnent le statut des images tout en les restituant aux visiteurs, spectateurs. Le web permet cette interactivité que l’exposition en galerie réduit.
Néanmoins les créateurs de contenus sur le web ont un défi à relever : la protection de leurs œuvres. Si le droit d’auteur en France s’acquiert sans formalités, du fait même de la création de l’œuvre, une protection gratuite existe : les licences Creative Commons. Ce sont des contrats flexibles de droit d'auteur pour diffuser les créations. Elles sont simples à utiliser et intégrées dans les standards du web. Ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d'autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les œuvres dérivées ou le degré de liberté (au sens du logiciel libre). Un outil intéressant et alternatif à exploiter pour davantage de protection et de reconnaissance !
http://fr.myspace.com/ : Communauté en ligne http://www.mymajorcompany.com/ : Production d’artistes musicaux http://www.peopleforcinema.com/ : Financement de films http://www.webculte.fr/ : Réflexion sur les images et les arts plastiques contemporains http://www.culture-virtuelle.com/ : Galerie virtuelle pour promouvoir la création contemporaine http://fr.creativecommons.org/ : Protection des œuvres sur le principe du logiciel libre
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