Nous avons rencontré Alizée Genilloud, Chargée de Communication chez Airbus. Elle nous explique comment son métier a évolué avec l’utilisation d’Internet

Expliquez-nous votre parcours (scolaire, expérience pro)

J’ai fait des études en Lettres Etrangères Appliquées à Aix en Provence. J’ai passé un an en Irlande et un an en Allemagne. Après un stage en agence de communication côté relations presse, j’ai passé un second stage en ONG chez Amnesty International. Je me destinais plutôt à une carrière dans l’associatif puis j’ai eu une opportunité chez Airbus en 2011. Contre toute attente, j’y ai retrouvé les mêmes éléments qui m’animaient : la bonne ambiance, la ferveur et la même passion du travail.

J’ai commencé à travailler dans le service Presse puis évolué pour occuper le poste de Chargée de Communication Interne au Customer Services depuis près de deux ans.

Pourriez-vous nous détailler vos fonctions ?

Le département Customer Service comprend plusieurs milliers de personnes à travers le monde et j’interviens pour les aider à communiquer entre eux. Ces profils très variés vont du Data Analyst au Mécanicien avion. Je dois donc mettre en place des outils pour les aider à communiquer et à faire remonter les bonnes nouvelles comme les dysfonctionnements, quand il y en a.

« La grosse différence concerne les usages des médias sociaux et le développement du live. »

Quelle est l’évolution de l’importance d’Internet dans votre métier ?

Internet a toujours été très présent dans mon environnement de travail donc, personnellement, je n’ai pas ressenti de grande évolution. La grosse différence concerne les usages des médias sociaux et le développement du « live ». Mon métier consiste à rendre l’information accessible, donc la révolution est ici : avec Facebook Live ou Periscope avec Twitter. Ces outils bousculent nos façons de travailler qui jusqu’ici étaient basées sur de la haute qualité. Aujourd’hui, ce qui prime c’est de toucher plus de gens et d’être au courant à la seconde près.

Comment vous adaptez-vous à ce changement dans votre profession ? Comment adaptez-vous votre communication au Net ?

Avant, lors des conférences par exemple, nous devions retranscrire la vidéo pour notre audience. Aujourd’hui grâce au live en webcam, nous permettons à quelque 400 personnes de la regarder en direct, de réagir et d’interagir en temps réel.

Aussi, pour mes envois de newsletters, je me demande comment les adapter à mes destinataires. J’utilise un outil interne : un newsfeed. C’est l’équivalent d’un mur Facebook sur lequel tout le monde peut s’exprimer et poser des questions. Mon travail est d’alimenter cet intranet et de le promouvoir pour que tous s’habituent à utiliser ces outils. Il y a un gros travail à faire. Certains sont contents que l’on travaille avec les nouvelles technologies et d’autres sont agacés ou réticents avec « ces histoires de hashtags ».

Je peux le comprendre, on a tous nos habitudes et la résistance au changement peut être assez naturelle.

Avez-vous suivi ou allez-vous suivre des formations spécifiques à Internet ?

J’ai pu avoir quelques sessions d’une ou deux heures maximum pour savoir comment fonctionne l’intranet mais, en général, on se forme en pratiquant. Le but est que l’on soit plus performant sur ce type de technologie. J’aurais aimé suivre plus de formations en webdesign et en conception de sites, et ce pour ne pas être limitée dans ma communication par la technique. Mais il n’est jamais trop tard !

Tout le monde pense qu’internet est intuitif, mais ce n’est pas toujours le cas.

Un chargé de communication peut-il se passer du net ? 

Absolument pas ! En tant que Chargée de Communication, il est essentiel de savoir comment fonctionne le net et connaitre l’envers du décor. Ne serait-ce que les mails. C’est mon premier moyen de communication. Si aujourd’hui je veux pouvoir toucher toutes les personnes sous ma responsabilité, je n’ai pas d’autre option qu’internet. D’autres corps de métiers par contre sont encore dans une phase de transition et ont encore du mal à passer de l’autre côté du mur.

Comment voyez-vous évoluer votre métier ?

Je ne sais pas. C’est à la fois terrifiant et excitant. Je ne sais pas ce que je ferai dans 5 ans, même si je restais à mon poste actuel.

Je pense qu’il va falloir de plus en plus se concentrer sur le contenu rédactionnel et comment le rendre attractif. Comment faire pour que ce soit lu par les bonnes personnes au bon moment dans cette constellation d’informations ? Attirer les gens sur la bonne information au bon moment, c’est ça qui va faire la différence ! Notre ère devient de plus en plus digitale et il faut s’adapter.

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Interview de Alizée Genilloud