Nous avons rencontré David Depierris, consultant référenceur indépendant. Il nous parle de la mesure d’audience.

INFORMATIONS PERSONNELLES

Quelles sont vos fonctions actuelles ?

Je travaille dans le monde du web depuis 9 ans. Après m’être spécialisé dans le référencement naturel, j’ai décidé de me pencher sur les requêtes à grosse valeur ajoutée dites « Borderline » (rachat de crédit, assurance, immobilier, voyance …). C’est comme ça que j’ai développé mon attrait pour les analytiques. Mon associé et moi avons ouvert notre propre société il y a trois mois.

Pourquoi les requêtes à grosse valeur ajoutée ?

Pour le challenge, la curiosité et l’envie de me prouver que je pouvais y arriver. Je l’ai également choisi pour les opportunités qui se présentaient. S’est fait connaître et débauché rapidement.

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours (scolarité, expériences professionnelles) ?

Après un DUT Informatique en développeur informatique, j’ai choisi d’intégrer l’École Supérieure de Commerce de Toulouse. J’y ai suivi une formation en management des systèmes d’information en alternance (réalisée en Webagency) où j’ai découvert le référencement naturel.

LA PRATIQUE DE LA MESURE D’AUDIENCE SUR LE WEB

Selon vous, quelle est l’importance de la mesure d’audience sur le web dans votre métier ?

La mesure d’audience sur le web a un impact très important sur mon métier. Il y a 4 ans je m’en moquais, puis je me suis rendu compte qu’elle avait un aspect stratégique très étendu. En effet, elle peut amener à énormément de décisions stratégiques : comment faire évoluer l’entreprise notamment. La mesure d’audience est indissociable du web.

« C’est comme aller en montagne sans matériel pour y survivre. »

Avoir un site web sans en mesurer l’audience revient à naviguer à l’aveugle : on ignore à qui on s’adresse, comment les gens perçoivent le site … L’un ne va pas sans l’autre.

Quels outils mettez-vous en place pour mesurer l’audience de vos sites web ?

J’utilise principalement Google Analytics. D’autres outils permettent le tracking visuel (comment la souris de l’internaute a parcouru le site web par exemple). Google Analytics fait 98% du travail et gère l’ensemble des internautes. Il est possible de le compléter pour analyser des pages bien précises avec du tracking visuel.

Avez-vous déjà lié site-centric et user-centric ?

Très peu. Je n’utilise que rarement le « user centric », je préfère travailler sur le « site centric » pour la mesure d’audience. Dans mon activité et les thématiques que je travaille, le quantitatif apporte beaucoup plus de résultat que le qualitatif.

Comment pensez-vous que la mesure d’audience pourrait évoluer à l’avenir ?

Je m’intéresse beaucoup à la sécurité web et au big data. Je trouve que nous sommes déjà dans des analyses assez poussées : il est possible de recueillir beaucoup d’informations sur un internaute à partir de 5 sites visités). Les grands groupes (Google, Apple …) ont déjà une collection importante d’informations sur nous. Je ne vois pas comment la mesure d’audience pourrait aller plus loin sans violer notre vie privée de A à Z. Depuis 2012 les lois votées sont de plus en plus intrusives, mais les gens ne se sentent pas inquiétés en prétextant qu’ils n’ont rien à cacher.

« J’adore le monde dans lequel on vit, mais cela me fait peur. »

LES PRATIQUES DE MESURE TRADITIONNELLES

Que pensez-vous des outils traditionnels de mesure d’audience ?

Je pense qu’ils sont bien, mais pas fiables à 100%. En effet, ils ne donnent que des échantillons d’opinion et se base sur la bonne volonté des interrogés (ex : donner son code postal à la caisse). Les outils traditionnels ne visent pas tout le monde, à l’image des sondages ils ne prennent en compte qu’une partie de la population sans traiter les cas particuliers. Les échantillons ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble du public cible, les résultats pourraient être différents. C’est le cas de la médiamétrie : les gens demandent à installer le boitier recueillant les informations sur les programmes regardés à la télévision, elle ne représente donc pas l’intégralité de la France.

Pensez-vous qu’ils tendront à disparaître ?

Oui, les outils traditionnels tendent à disparaître car ils ne sont pas assez pointus et précis.

Les « # » à la télévision (par exemple) permettent-ils de mieux cibler ?

Oui, ce genre de lien entre les réseaux sociaux (ici Twitter par exemple) et les canaux traditionnels permettent de donner une idée de l’engouement sur ce qu’il passe. Cependant, cela dépend du réseau : Twitter va cibler un panel d’utilisateur bien particulier. Il donne néanmoins une première idée de ce qu’il s’y passe.

Une bonne lecture de la mesure d’audience, c’est quoi ?

Il faut croiser les données, ne pas se fier à une source unique. Google Analytics reste un bon outil.

« Il est nécessaire de connaitre son activité car elle reflète vraiment l’état de santé de son site web. »

La mesure d’audience permet par exemple de déterminer quel produit fonctionne et quel produit rencontre des difficultés de vente.

Peut-on ne se fier qu’à Google Analytics ?

Les outils de mesure d’audience sont falsifiables, Google Analytics n’est pas une exception. Il faut donc essayer de garder une cohérence dans la lecture des chiffres, de chercher d’où ils proviennent, chercher à les comprendre. Il faut trouver l’origine d’une perte d’audience par exemple : de mauvais commentaires etc. Il est nécessaire de toujours remettre en question les chiffres obtenus et de rester logique face aux résultats. Autre point important : certains concurrents peuvent fausser le script analytic et donc les analyses par le biais de « ping ».

Lire la suite de la newsletter : Portrait de Nathalie DELMAS

Interview de David DEPIERRIS