Nous nous sommes intéressés à Ghislaine Abbassi, Docteure en Sciences de l’Information et de la Communication et CMO de l’entreprise Murmurations SAS. En tant qu’experte en technologies de l’information et de la communication elle a accepté de répondre à nos questions le temps d’une interview.

L’occasion de nous parler de son parcours, de nous présenter son entreprise et de nous en dire davantage sur son évolution dans le milieu du digital.

Ghislaine Abbassi
De gauche à droite : Cathy Sahuc, Ghislaine Abbassi et Tarek Habib, fondateurs de la startup Murmuration SAS

Bonjour Ghislaine, tout d’abord, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je suis digital native, passionnée par le web, l’actualité High-Tech et la musique, le fil conducteur de ma vie.
Améliorer sa présence sur le web et gérer sa visibilité sont devenus incontournables depuis une dizaine d’année, j’ai eu envie de prendre le virage digital après une formation classique en management. Après six ans d’expérience dans le web et les communautés pour des acteurs assez
divers en contrat salarié ou en freelance (secteurs privés et publics, petites et grandes entreprises), je me suis lancée avec 2 co-fondateurs dans la création d’une entreprise depuis mars 2019, MURMURATION SAS.

Le problème, c’est de pouvoir déployer des stratégies que le client est capable d’accepter et de le convaincre de les suivre. Pour cela il faut prendre le temps de bien lui expliquer.

 

Pour quelles raisons avez-vous choisi d’orienter votre carrière dans le digital ? 

C’est le digital qui m’a choisi … je ne sais pas très bien pourquoi mais j’ai toujours eu envie de savoir ce qu’il se passait de l’autre côté. Bien avant ma formation, j’ai toujours bidouillé. J’avais créé un site web en HTML4 en 2008 pour faire partager ma passion, la musique ! Ensuite, j’ai commencé à me former via la formation webmaster de Saliège en 2010. J’ai lâché mon métier d’assistante manager qui ne m’intéressait pas du tout !

A la fois technique et généraliste, la formation de webmaster m’a permis de mettre un pied à l’étrier. PHP, HTML5, DIV, SEO, SEM,CPC … ces termes n’avaient plus de secrets pour moi.

Et comme je suis très curieuse et que j’aime décortiquer les choses jusqu’au bout, je me suis lancée, en 2014, dans une thèse en sciences humaines et sociales pour définir la notion d’écosystème web et observer l’impact des technologies numériques sur les organisations humaines.

 

AUJOURD’HUI, VOUS AVEZ MONTÉ VOTRE ENTREPRISE. POUVEZ-VOUS NOUS LA PRÉSENTER ?

MURMURATION SAS combine des études environnementales et un écosystème web d’acteurs dans le tourisme durable pour lancer un projet ambitieux : utiliser à travers le monde des données satellites afin de démontrer, d’observer, d’analyser et de changer les comportements néfastes pour l’environnement.

Il faut œuvrer pour que les technologies numériques prennent en compte également les écosystèmes naturels et les populations dans leur diversité. Le tourisme est un secteur qui aura besoin de ce type d’approche pour se développer sainement et durablement.

Notre vocation est de fédérer un écosystème d’acteurs engagés dans le monde du tourisme durable. Le digital au service de l’environnement avec une plateforme web lancée depuis janvier, flockeo.com.

capture du site flockeo

Avez-vous rencontré des difficultés particulières en tant que femme, experte dans le digital et entrepreneure, tout au long de votre parcours ?

Le fait de ne pas être prise au sérieux parfois. Mais je crois que cette problématique est à la fois individuelle et collective. Il y a un travail personnel à faire sur soi, vis à vis du regard que les autres portent sur vous. Il y a aussi une transmission de valeurs et d’idées… rester ouvert au partage suppose aussi d’accepter les conflits parfois.
Je n’ai pas ressenti de difficultés du fait que je suis une femme mais du fait que je ne suis pas le type de femme qu’on attend là où on l’attend…

 

Enfin, les femmes ne représentent que 33% des salariés du secteur numérique. Selon vous, quelles seraient les solutions pour remédier à ce faible engouement pour ce secteur ?

Malheureusement, cela reflète quelque chose qui dépasse largement le monde du digital. Je trouve que nos sociétés modernes véhiculent de plus en plus de stéréotypes sur les femmes, sur les minorités sociales en général. Les représentations genrées se retrouvent à tous les niveaux, celles-ci

sont même polarisées. Il y a beaucoup moins de femmes dans les filières techniques et informatiques qu’il y a 30 ans par exemple.
Je crois que nos sociétés post-modern et numériques ont introduit un biais dangereux et de plus en plus à l’œuvre forcément. Car derrière tout langage même algorithmique, il y a un discours et donc une pensée véhiculée, même de façon inconsciente. On pourrait faire le parallèle avec la reconnaissance faciale qui ne reconnaît pas les visages noirs. C’est très problématique et cela dénote du manque de diversité dans le monde digital mais pas seulement, car nous entrons dans une ère où les écosystèmes sont de plus en plus hybrides. La frontière entre le réel et le virtuel devient de plus en plus flou.

 
Interview : Ghislaine Abbassi, experte en digital