Dans un environnement où l’information est accessible facilement et en quantité, la presse écrite peine à trouver sa place. Après des années passées à se réinventer, de nouveaux modèles économiques semblent émerger. Faisons ensemble un point sur la presse de demain ou le combat d’un média pour faire face à l’ubérisation de la société.

1. UN MODELE PAPIER EN CRISE

1.1. LA DÉSAFFECTION DU SUPPORT PAPIER

Symbole d’une époque révolue, le papier est de plus en plus boudé par les français. De 107 000 quotidiens imprimés en 1985, nous sommes passés à 86 000 en 2015. La cause de tout cela repose non seulement sur l’évolution des comportements des lecteurs qui préfèrent rechercher des informations sur leur smartphone (48,63 millions d’utilisateurs uniques), mais aussi sur l’explosion de la masse d’information disponible librement sur Internet.

1.2. DES SOURCES DE FINANCEMENT EN CRISE

La crise du papier est d’origine technologique mais aussi économique. Le mode de financement de la presse reposait jusqu’alors principalement sur la publicité, or celle-ci a elle-même connu des difficultés. En effet, les encarts publicitaires digitaux génèrent moins de recettes que sur des médias plus “traditionnels”. En plus de cela il faut rajouter la disparition d’une autre source importante de revenus, les petites annonces, qui s’affichent désormais sur des plateformes internet dédiées comme LeBonCoin. Ainsi les revenus de la presse ont considérablement baissé provoquant dans leur sillage une rupture identitaire.

1.3. UNE LENTE MÉTAMORPHOSE

En passant d’abord par le leurre de l’information gratuite, la métamorphose de la presse s’opère par tâtonnements. Comme dans d’autres domaines d’activité, beaucoup d’argent a été investi pour relancer l’ancien modèle économique mais sans donner de résultats probants. L’apparition de nouveaux acteurs conjuguée à des mutations sociales profondes a changé la donne.

 

2. APPARITION DE NOUVELLES STRATEGIES

Pour pouvoir survivre, la presse a dû réfléchir à une nouvelle forme de communication pour séduire à nouveau les lecteurs. Des approches parfois contradictoires mais toutes porteuses d’un nouvel espoir.

2.1. Une information en quête de sens

Bien que l’information soit disponible en quantité, force est de constater que la qualité n’est pas forcément au rendez-vous. C’est en partant de ce constat que certains ont choisi de se positionner sur un contenu plus travaillé et plus fiable. La “slow press” a pour vocation de rassurer et fidéliser le lecteur puisque payante. Mais ce n’est pas la seule piste explorée. Un filon n’avait pas encore été investi, il s’agit de la création de contenu par les marques : le brand content. A l’instar de la publicité,  les entreprises peuvent être une source de revenus non négligeables pour la presse. Originellement productrices de contenu, les rédactions se transforment malgré elles en véritables agences de communication pour survivre

2.2. Des modes de diffusions nouveaux

Les journalistes, victimes collatérales de la crise, se mettent eux aussi à repenser leur métier. Ils se mettent davantage en avant et fédèrent autour d’eux de véritables communautés de lecteurs. Ils peuvent ainsi commercialiser directement leur travail par le biais d’un lectorat fidèle à leur plume. Les rédactions, de leur côté, visent désormais la diversité en mettant en place de véritables plateformes de contenus multimédia  (exemple La Presse Libre). Autant de stratégies qui laissent présager une véritable dynamique vertueuse pour l’avenir.

Après tous les efforts déployés par le secteur pour maintenir un traitement de l’information et une diffusion fiable, nous sommes tentés de faire un bilan sur cette presse 2.0. A l’heure actuelle il semble  difficile de trouver une solution lucrative et durable. Cependant ce dont nous pouvons être sûrs, c’est que les bouleversements subis par la presse ne sont que le reflet d’une économie en pleine ubérisation. Les ajustements stratégiques mis en place ont permis au secteur de survivre mais le véritable défi aura été de reconnaître en la digitalisation une opportunité plutôt qu’une fatalité

Sources :

Images : freepiks

https://www.strategies.fr/blogs-opinions/idees-tribunes/4010083W/la-presse-en-ligne-sur-la-voie-de-la-monetisation.html

https://www.strategies.fr/actualites/medias/4028763W/comment-la-presse-trouve-de-nouvelles-sources-de-revenus.html

https://www.contrepoints.org/2018/09/27/325968-la-presse-bousculee-par-le-numerique

https://www.lesechos.fr/2016/03/la-presse-a-la-recherche-de-nouveaux-business-models-1110423

https://www.franceinter.fr/economie/la-presse-n-a-pas-toujours-pas-change-de-modele-economique

LA PRESSE ET LA MONÉTISATION DE L’INFO