Camille G., spécialiste de l’UX design nous parle de son expérience et de sa vision de l’expérience utilisateur.

ux designe

Pouvez-vous nous expliquer le processus de conception UX ?

UX designer, c’est trouver l’équilibre entre valeur business et le besoin de l’utilisateur en tenant compte des capacités (ressources matérielles / humaines et financières) de l’entreprise. L’UX designer étudie les utilisateurs et développe des fonctionnalités qui facilitent ou favorisent l’usage d’un produit ou service qu’il soit digital ou non.

Quelle méthodologie, quels outils utilisez-vous ?

L’UX designer dispose d’une boîte à outil qui lui permet d’analyser et de comprendre les besoins des clients. Il est important de bien identifier les différences entre les besoins des différents utilisateurs. Par exemple, les clients d’une entreprise peuvent avoir des besoins totalement différents des besoins utilisateurs finaux du produit. En ce qui concerne les outils, les plus utilisés sont :

• le shadowing : lors d’un projet j’ai utilisé cette méthode pour identifier pourquoi une gare était mal notée. J’ai suivi des clients afin de connaître les usages des voyageurs. Ces derniers se perdent, la signalétique étant absente ou mal positionnée, les toilettes ou points restauration pas ou mal indiqués etc…

• Interview,

• Analyse,

• Persona,

• La spécification des besoins fonctionnels,

• Les tests utilisateurs,

• Le prototypage,

• user-flow (parcours utilisateurs)

• le Wireframe…

Quand une entreprise fait appel à vos compétences d’UX designer, a-t-elle déjà identifié la problématique ?

Cela dépend des projets. Quand une entreprise fait intervenir un UX designer, elle peut, par exemple, avoir déjà identifié un problème de trafic. Elle sait que son produit est utile mais elle ne comprend pas qu’il n’ait pas le succès escompté. Alors, elle s’appuie sur un UX designer pour analyser la situation du produit et de l’entreprise puis proposer des solutions que l’entreprise sera capable de mettre en oeuvre. Il arrive également que la prestation UX soit inclue dans des commandes de prestations plus globales et que ce soit au cours de discussion que l’entreprise se rend compte que le problème vient d’une problématique d’expérience utilisateur. Plusieurs cas de figure sont possibles !

Comment voyez-vous l’évolution du métier l’UX designer ?

Depuis 5 ans, il y a une forte démocratisation de l’UX. Avoir de la data qualifiée sur les utilisateurs est devenu capital néanmoins cela à un coût. Aujourd’hui UX et UI sont souvent liés au sein d’un même poste. Ce sont des activités liées mais pourtant différentes et nécessitant des compétences distinctes. L’avantage pour les personnes occupant ce genre de poste est la possibilité de développer ses compétences dans les deux domaines ; l’inconvénient c’est qu’il est très difficile de tout gérer et de se spécialiser. Le métier va très certainement évoluer vers des postes beaucoup plus spécialisés sur des parties spécifiques de l’expérience utilisateur (UX writing, UX research) et de plus en plus s’intégrer aux métiers déjà existants dans l’entreprise (Développeur avec des compétences UX par exemple). La satisfaction clients est de plus en plus placée au coeur des préoccupations des entreprises. Ces dernières se rendent compte de l’importance d’une expérience utilisateur réussie. C’est la raison pour laquelle de nombreux groupes recrutent et vont parfois même jusqu’à créer leur propre agence UX en interne.

Quelles sont les tendances à venir en matière d’UX ?

Actuellement il y a une forte évolution des objets à commande vocale. Parallèlement il faut développer l’intelligence artificielle afin que la façon dont on exprime notre demande soit comprise et que la réponse apportée soit pertinente. Cela implique du temps et des coûts mais l’évolution est bien avancée. Il y a également une forte croissance des jeux, formations et plus largement des expériences à base de réalité augmentée. Un enjeu majeur de l’expérience utilisateur est l’accessibilité. Aujourd’hui on définit 3 niveaux de handicap : • Permanent (daltonisme, surdité, cécité, paraplégique…), • Temporaire (membre cassé, cécité temporaire due à une intervention médicale…) • Situationnel (lieu qui n’a pas de réseau, impossibilité de réponde à une demande à un instant T…) L’entreprise qui sera capable de répondre au mieux à chaque niveau de handicap atteindra un niveau de satisfaction client élevé en matière d’expérience utilisateur.De plus, la question d’éthique n’est pas négligeable, une entreprise qui s’attache à être inclusive peut en faire sa marque de fabrique.

Portrait d’une UX designer Camille G.